Guide
Financement et trésorerie de l’entreprise
Créer, investir, traverser une période difficile : chaque étape de la vie d’une entreprise pose la question de son financement. Ce guide présente les solutions et les outils pour anticiper.

Les modes de financement
Les fonds propres
- L’autofinancement : les bénéfices laissés dans l’entreprise, première ressource et la plus saine.
- L’apport en capital des associés ou de nouveaux investisseurs.
- Les comptes courants d’associés : des sommes prêtées par les associés à l’entreprise.
Les financements extérieurs
- L’emprunt bancaire, pour les investissements, et les facilités de court terme (découvert, crédit de trésorerie).
- Le crédit-bail et la location pour les équipements et les véhicules.
- L’affacturage, qui transforme les factures clients en trésorerie immédiate.
- Les aides publiques : subventions, prêts d’honneur, garanties de Bpifrance, aides des régions.
- La levée de fonds auprès d’investisseurs (business angels, fonds) et le financement participatif.
Le business plan
Le business plan décrit le projet et démontre sa viabilité. Il sert à convaincre (banquiers, investisseurs, associés) et à piloter : c’est la feuille de route du dirigeant.
Il contient en général :
- la présentation du projet et de l’équipe ;
- l’étude de marché : clients, concurrence, tendances ;
- la stratégie commerciale et marketing ;
- les moyens : organisation, recrutements, investissements ;
- les prévisions financières sur trois ans : compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie.
Les erreurs classiques : des prévisions trop optimistes, une concurrence sous-estimée, un besoin de trésorerie oublié, un document trop long. Pour une start-up, les investisseurs regardent d’abord l’équipe, la taille du marché et la capacité à grandir vite. Pour un site de commerce en ligne, tout repose sur l’estimation du trafic, du taux de transformation, du panier moyen et du coût d’acquisition des clients.
Le plan de financement
Le plan de financement vérifie, sur trois à cinq ans, que les ressources couvrent les besoins. Le plan initial porte sur le lancement ; le plan prévisionnel accompagne chaque nouveau projet d’investissement.
Les besoins
Investissements, frais de démarrage, besoin en fonds de roulement (le décalage entre ce que vous payez et ce que vous encaissez), remboursements d’emprunts.
Les ressources
Apports, capacité d’autofinancement, emprunts, subventions et aides.
La règle d’or : financer les investissements durables par des ressources durables (fonds propres, emprunts à moyen ou long terme), jamais par le découvert.
Le plan de trésorerie
Le plan de trésorerie prévoit, mois par mois, les encaissements et les décaissements réels de l’entreprise. Il montre à l’avance les périodes tendues et permet d’agir avant qu’il ne soit trop tard.
- Partir du solde de trésorerie actuel.
- Inscrire les encaissements à leur date réelle (et non à la date de facturation) : ventes, apports, emprunts, subventions.
- Inscrire les décaissements : fournisseurs, salaires et charges, loyers, impôts et TVA, remboursements.
- Calculer le solde de chaque mois, puis mettre le plan à jour régulièrement avec les chiffres réels.
L’entreprise en difficulté
Baisse d’activité, perte d’un gros client, impayés, hausse des coûts : les difficultés arrivent souvent vite. Plus le dirigeant réagit tôt, plus il a de solutions.
Réagir sans attendre
- Identifier la source du problème : marché, offre, organisation, finances ?
- Préserver la trésorerie : relancer les clients, négocier des délais avec les fournisseurs et les organismes sociaux et fiscaux, reporter les dépenses non urgentes, mobiliser les créances (affacturage).
- Élaborer un plan de redressement : actions, calendrier, besoins de financement.
- Remotiver l’équipe : expliquer la situation et le plan, associer les collaborateurs aux solutions.
Les procédures prévues par la loi
Le droit français offre des solutions graduées. Avant la cessation des paiements, des procédures amiables et confidentielles (mandat ad hoc, conciliation) permettent de négocier avec ses créanciers, et la procédure de sauvegarde protège l’entreprise pendant sa réorganisation.
L’entreprise est en cessation des paiements quand elle ne peut plus faire face à ses dettes exigibles avec son actif disponible. Le dirigeant doit alors la déclarer au tribunal dans les 45 jours, sauf s’il a demandé l’ouverture d’une conciliation.
Le redressement judiciaire permet de poursuivre l’activité pendant une période d’observation, sous le contrôle du tribunal et de mandataires de justice, en vue d’un plan de redressement ou d’une cession. Si le redressement est manifestement impossible, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.
Ces règles évoluent régulièrement : dès les premiers signes de difficulté, faites-vous conseiller par votre expert-comptable, un avocat ou un administrateur judiciaire. Le président du tribunal peut aussi recevoir le dirigeant, en toute confidentialité.
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